Civilisations Disparues : Égyptiens, pyramides et pharaons

Notre prochaine anthologie diffère légèrement des précédentes puisqu’elle s’ouvre aux adolescents et vous propose un tour du monde des croyances enfouies, mais toujours vivaces dans les esprits. Chaque nouvelle est accompagnée d’un petit texte explicatif que nous  vous partagerons tout au long de notre campagne Ulule qui prend fin demain soir. Difficile de ne pas aborder le peuple Égyptien, civilisation disparue fascinante par excellence. Suivez Andréa Deslacs au fond des pyramides…

Cette nouvelle se déroule vers 1327 avant J. C, pendant le règne de Toutânkhamon, jeune pharaon de la période nommée le « Nouvel Empire ».
Dans la civilisation égyptienne pharaonique, rien n’était plus important que la vie après la mort. Les Égyptiens passaient une grande partie de leur existence à préparer cet événement. Ils se faisaient construire des tombes avec, à l’intérieur, tous les objets dont ils auraient besoin dans cette seconde vie. Ils apprenaient aussi des prières, ou achetaient en guise d’aide-mémoire des amulettes ou des morceaux de parchemin. Ils y avaient recours pour répondre devant les dieux lors du jugement de leurs âmes. La richesse de la sépulture et la méthode de momification étaient en fonction des moyens financiers de chacun, mais les humbles comme les pharaons n’envisageaient pas d’être enterrés autrement. Les rites étaient très précis, consignés dans le Livre des Morts. Ils devaient être suivis aussi bien pour ceux qui menaient la cérémonie que par le défunt, obligé de franchir les étapes pour aller dans l’au-delà.

Livre des morts

Chez les Égyptiens, quand on mourait, la personne se séparait en sept parties parfois entremêlées. L’akh, la puissance céleste, n’était accessible qu’aux pharaons, fils des dieux. Dans cette nouvelle, on évoque plutôt le ka. Il s’agit de l’énergie vitale de l’individu. Pour exister après le trépas, le ka a besoin d’un support matériel, comme le corps (le djet), et d’offrandes régulières de nourritures. Le est l’âme qui sort du corps, elle peut prendre la forme d’un fantôme ou d’un oiseau. On évoque aussi brièvement l’ombre, qui ne quitte jamais la personne. Quant au cœur, il était indispensable lors de la pesée de l’âme par les dieux, et le nom était également très important.

Rien n’était plus horrible pour un mort que de ne pas pouvoir accéder à ce monde paradisiaque auprès des dieux. Un Égyptien redoutait tout particulièrement que les vivants oublient son nom. En effet, les vivants, par la voie de leurs prêtres, surveillaient les tombeaux, renouvelaient offrandes et prières pour accompagner le défunt dans son voyage.
La technique de momification permettait de conserver le corps à travers le temps. Les Égyptiens anciens étaient de véritables maîtres en la matière. Certaines momies de pharaons sont parvenues en bon état jusqu’à nos jours. On peut ainsi étudier leurs cadavres et mieux comprendre ce qui leur est arrivé.

Ce récit s’inspire des toutes dernières découvertes scientifiques autour de la momie de Toutânkhamon, de son masque, de ses sarcophages, des objets retrouvés dans sa tombe, des dessins sur les parois et de la situation géographique très particulière de son sépulcre.
Par l’étude des os, et grâce à des simulations informatiques en matière d’accidents de la route, on peut déterminer quelle vie a mené une personne, même vieille de plusieurs milliers d’années. Comme dans une enquête policière, il est possible d’établir dans quelles circonstances elle a péri.
L’étude des techniques de momification a permis de comprendre pourquoi certaines momies étaient moins bien conservées que d’autres. Actuellement, les recherches génétiques restent faisables sur ces antiques corps, ce qui aide à construire des arbres généalogiques.

Parfois, une personne décédait bien avant le grand âge, on devait l’enterrer d’urgence, et l’on pouvait alors reconvertir des objets qui étaient destinés à d’autres membres de la famille. Mais aussi, on s’aperçoit du trafic de meubles ou de statuettes qui étaient volés, puis rachetés et modifiés. Un véritable marché noir se constituait. Les ouvriers des tombes et les prêtres jouaient au chat et à la souris, quand les deux ne se mettaient pas d’accord pour piller une sépulture…

Les décorations sur les murs donnent beaucoup d’informations sur la religion des Égyptiens anciens. Mais elles permettent également d’évaluer le degré de richesse de la personne décédée. Plus les peintures sont nombreuses, fines et précises, plus l’individu était riche et admiré.
Il faut aussi savoir qu’à l’époque, toutes les sépultures n’étaient pas scellées, car les prêtres devaient entrer pour renouveler les offrandes. Mais, avec les pillards et la corruption des gardiens, on a fini par décider de fermer les tombes et de les enfouir. Dans les régions consacrées au royaume des morts, le paysage était très différent de l’actuel. Le climat était plus doux, les lieux plus verdoyants. Cependant il y avait régulièrement de terribles inondations qui survenaient très vite. Quand l’eau se retirait, une épaisse couche de limon recouvrait les entrées des tombes et, peu à peu, on a oublié où elles se trouvaient.


L’Égypte ancienne a connu plusieurs grandes périodes dans son histoire, beaucoup de guerres contre les peuples voisins, dont les Hittites (les Syriens de cette histoire), des crises graves ou, à l’opposé, de somptueuses constructions. Il n’en demeure pas moins que la terre d’Égypte renferme bien des secrets et des tombeaux à découvrir.