Civilisations Disparues : Les cavaliers scythes

Notre prochaine anthologie diffère légèrement des précédentes puisqu’elle s’ouvre aux adolescents et vous propose un tour du monde des croyances enfouies, mais toujours vivaces dans les esprits. Chaque nouvelle est accompagnée d’un petit texte explicatif que nous  vous partagerons tout au long de notre campagne Ulule.
Nous sommes allés sur le continent africain, puis dans l’océan Pacifique sur la petite île de Pâques. Nous poursuivons notre voyage en Eurasie avec l’étrange peuple nomade des Scythes, révisé par Quentin  Foureau.

Dès leurs premières mentions dans un amphithéâtre de la fac d’Histoire de l’Art, les scythes (du grec ancien Σκύθοι /Skúthoi) ont immédiatement retenus mon attention. Ce peuple semi-nomade des steppes de l’est dont on ne sait presque rien est pourtant capable d’une incroyable finesse dans l’art de tordre les corps…

Les Scythes ne forment pas un seul et unique peuple : il s’agit d’un ensemble de peuplades ayant vécu sur un vaste territoire allant de l’Ukraine aux confins de l’actuelle Russie, en passant par le Kazakhstan, entre le VIIe siècle avant J.-C. et les derniers siècles de l’Antiquité. A travers les plaines boisées d’Eurasie, les Scythes faisaient transhumer leur bétail. L’animal qui, cependant, avait le plus de valeur à leurs yeux était le cheval. Le lien qui unit un guerrier scythe à son cheval est source d’histoires, de légendes, d’anecdotes ou de simples rumeurs de grecs effrayés. L’art de la cavalerie est primordial pour un Scythe, qui partage avec le guerrier scandinave l’espoir de mourir au combat.

Illustration par Maniak

Les traditions et les mœurs des Scythes sont encore très peu connues : les seules traces écrites de l’Antiquité les concernant nous viennent d’Hérodote (env.-480 – env.-425), un historien grec et premier de tous les historiens. Dans sa seule œuvre connue, ses Histoires, Hérodote décrit les coutumes funéraires et divinatoires des scythes, avec une connotation relativement barbares.

Leur or, surtout, est une merveille. L’orfèvrerie scythe se caractérise par son répertoire animalier : cerfs, chevaux galopants, sangliers, griffons, félins… Les bois de ces animaux sont représentés immenses, et le corps l’est parfois dans une étrange torsion. Des guerriers armés de lames et de piques ornent aussi les bijoux, et sont ciselés montés sur leurs montures tant adorées.

Mais ces vestiges sont rares : les objets retrouvés dans les tombes des Scythes (des structures de pierre enterrées appelées kourganes), composés d’or et de vaisselles, et la découverte fortuite du trésor de Vettersfelde (Pologne) en 1882 ont été pour l’instant les seules occasions d’étudier l’art de ces cavaliers des steppes.

La carte se complète !