Civilisations Disparues : Les Vikings et le mythe du berserker

Notre prochaine anthologie diffère légèrement des précédentes puisqu’elle s’ouvre aux adolescents et vous propose un tour du monde des croyances enfouies, mais toujours vivaces dans les esprits. Chaque nouvelle est accompagnée d’un petit texte explicatif que nous  vous partagerons tout au long de notre campagne Ulule qui prend fin dans 3 jours. Barbara Cordier s’attaque à un peuple bien connu de la culture populaire qui fascine l’imagination : les Vikings.

Les Vikings

Les Vikings rencontrent un grand succès populaire ces dernières années. Que sait-on d’eux ? Entre tentative de reconstitution historique sur fond romanesque avec la série Vikings ou fantasmes mythologique avec l’univers de Thor chez Marvel, nous les rencontrons sous toutes les déclinaisons sans les connaître réellement. En effet, si les Vikings fascinent, c’est aussi parce qu’ils ne nous ont laissé aucune source écrite, juste quelques runes gravées dans la pierre et les métaux. Les seules traces contemporaines à leur existence sont les témoignages de leurs victimes. Après les avoir longtemps considérés comme de simples barbares sanguinaires, il y aurait aujourd’hui comme un souci de réhabilitation.

Un peuple conquérant

Le terme « viking » n’a pas toujours été le plus utilisé pour désigner ce peuple. Il faisait plutôt référence aux explorateurs des mers, commerçants et guerriers. En résumé, « viking » était synonyme de « pirate » du VIIIe au XIe siècle. Pour les autres civilisations, l’ensemble de ce groupe ethnique correspondait aux Normands, Danois ou Rus, selon les régions.
Ils sévirent pendant trois siècles sur les côtes occidentales de l’Atlantique et de Méditerranée, mais n’hésitaient pas à emprunter les voies fluviales pour attaquer des villes plus continentales. Les raids de ces guerriers féroces étaient particulièrement redoutés. Ils attaquèrent plusieurs fois Paris, Bordeaux ou encore Constantinople.
S’ils pillèrent en nombre, ils cherchaient également à étendre leur territoire. En France, ils parvinrent à s’installer en Normandie (qui leur doit son nom) et prirent la ville de Nantes. Ils s’établirent plus durablement en Irlande et dans toute l’Angleterre de l’Est, qu’ils baptisent le Danelaw (là où règne la loi danoise).
Leur peuple vivait jusqu’au Groenland, là où subsistent les vestiges les mieux conservés de leur civilisation. On leur suppose également la découverte de l’Amérique près de 500 ans avec Christophe Colomb mais le doute persiste toujours en raison des faibles preuves de leur passage sur ce territoire.
Peuple très érudit malgré une attitude agressive décriée, les Vikings avaient élaboré des techniques de navigation plus efficaces que celles de toutes les civilisations de leur époque. L’océan n’avait aucun secret pour eux. Ils se repéraient sans carte ni boussole, grâce au soleil, aux étoiles et à leur connaissance de la faune et de la flore marine.

Un peuple guerrier

Pour terrifier autant leurs voisins, les Vikings ne se contentaient pas d’être de bons navigateurs. Certains – les plus riches – portaient des casques qui leur protégeaient à la fois les yeux et le nez. Ils étaient également capables de forger des épées dans un acier dont la qualité n’a pas été égalée avant le XIXe siècle grâce à des techniques découvertes en Asie centrale. Leurs armes s’en trouvaient plus souples et solides que celles de leurs adversaire.
Il existait toute une culture de la guerre, puisque mourir au combat était un honneur, et une opportunité d’atteindre le Walhalla. Selon certains rituels, il était possible de devenir un soldat divin sur terre. Le berserker, comme on le nommait, était animé d’une fureur sacrée. Guidés par le dieu Odin, ils sont considérés comme invincibles et n’ont pas besoin d’armure. Une peau d’ours suffit : ils acquièrent ainsi la force de l’animal. La légende veut qu’ils soient 12, élus pour protéger leur roi. L’aspirant devait tuer un ours (ou en tout cas, son image de manière rituelle), et boire son sang afin que la force du fauve se répande en lui. Il devait ensuite être mis à l’épreuve devant un sorcier. S’il survivait, il était marqué par un tatouage en forme de loup, un ouroboros (le serpent Jörgumand, fils de Loki, si grand qu’il peut entourer le monde) et le signe de leur clan.
De manière plus rationnelle, il est possible que les berserkers furent des guerriers soumis à des psychotropes dans le cadre de rites chamaniques ou des guerriers souffrant de psychoses à force de massacres.
Sorte de loup-garou à destinée sacré, le berserker entre dans une fureur incontrôlable que les allemands nomment Bärenhaftigkeit.