Entretien avec Jérémy Bouquin

couverture jbouquin def faceLa semaine dernière, la quatrième de couverture du premier roman des Luciférines en avait alléché plus d’un. Avec Qui part à la chasse…, Jérémy Bouquin propose un texte cinglant, surprenant, une traque hallucinée entre hommes sur fond de cannibalisme. Afin de présenter un peu cet auteur déjà découvert avec 65 de la rue bouscarat dans l’anthologie Maisons Hantées, nous vous proposons une interview qui revient sans spoiler sur ce qui vous attend.

Qui part à la chasse… est loin d’être ton premier roman. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours d’auteur ?
En fait je viens de l’image. J’ai réalisé des films, des courts-métrages, des documentaires. Très rapidement la frustration, l’attente d’un budget qui ne vient pas, d’une production impossible, de scenarios qui encombrent les disques durs…
J’ai passé le cap, j’ai commencé par me lancer dans des scenars de bd, puis des nouvelles… etc

Comment t’es venue l’idée d’écrire un texte aussi brûlant sur le cannibalisme ?
Un délire, comme pour plusieurs histoires, tu pars sur une idée un peu étonnante : un négociant en viande humaine, puis tu dérives.
Je travaillais en parallèle sur un scenario de bd sur un ogre…
J’avais l’envie de pousser le plus loin possible. Ce qui ne devait rester qu’une nouvelle est devenu une course folle. Le personnage t’emporte, il est dingue, il est entier, véreux et trouve encore plus taré que lui.

Le slasher est un genre qui, d’ordinaire, favorise plus les sensations que les réflexions. Pourquoi ce jrmy OKchoix ?
Le rythme. Je cherchais un récit qui monte en pression, on grimpe dans la voiture et on ne lâche plus l’accélérateur. Cet univers est dégueulasse, paumé, les personnages n’ont plus un brin d’humanité. Sa violence, comme son ton se devaient d’ être forts, entiers, vulgaires et exagérés.
Aller si loin permet au lecteur de garder son objectivité, comme au cinéma.

 Malgré son air engagé au départ, Qui part à la chasse garde un côté très nihiliste. On peut par exemple s’étonner de rencontrer des personnages tout aussi « fous » les uns que les autres. Était-ce une volonté d’éviter un côté trop « donneur de leçons » ?
Oui,  il y a une réflexion sous-jacente sur la société de consommation, l’ultra industralisation de la bouffe, notre dépendance à tout ce système. Mais quel est l’intérêt d’aller plus loin ? Jouer avec le propos, s’en moquer est mieux. Tenter de faire pédagogique est inutile.
Le lecteur n’est pas un imbécile. Lire c’est aussi passer un bon moment, s’amuser.
Le narrateur se contrefout de la morale – nous aussi.

Quelques influences à citer ?
Pour ce bouquin, clairement  : Laurent Fetis et son Lit de béton, j’adore le style, la rage de ce livre, et pour le goût et l’odeur : le film, Cannibal holocaust.

Envisages-tu de continuer à développer le sujet de Qui part à la chasse… dans d’autres romans ?
Ça me titille… Il y a cette fillette, il y a l’envie de donner une revanche et puis je gratte en ce moment sur une idée proche… Bref, ouais, j’y bosse.

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