Les auteurs de l’aventure « Nouvelles Peaux »

Le Corbeau

Illustration de Nejma pour le recueil

Enfin ! Le recueil est prêt à l’impression et le printemps 2014 s’ouvrira aux Luciférines avec la parution d’un second titre, recueil de nouvelles dédié à l’univers d’Edgar Allan Poe pour lequel nous avions fait un appel à textes l’été dernier. Huit auteurs se sont prêtés à l’exercice, deux autres ont été sélectionnés grâce au concours (Théo Gwuiver et John Steelwood). Après avoir donné la liste des noms sur la page du recueil, il est temps de vous en dévoiler un peu plus sur notre fière équipe. La rubrique « Auteurs » s’est donc enrichie de 10 biographies.

Et si vous ne savez pas encore très bien sur quelle vignette cliquer, nous vous laissons en compagnie des auteurs, qui se sont exprimés sur leur participation au projet. A très bientôt !


« L’impact avec Poe fut en vérité indirect, puisqu’il eut lieu par le biais de la célèbre série de films réalisés par Roger Corman, adaptés par Richard Matheson et interprétés par le grand Vincent Price, que je visionnais adolescent. Un peu plus tard, j’ai dévoré les deux recueils d’
Histoires extraordinaires, dont le ciselé stylistique me semble encore aujourd’hui éminemment… cinématographique ! J’avoue d’ailleurs avoir fait le choix de mettre en scène Poe en personne dans ma nouvelle en hommage à un petit bijou du cinéma gothique italien des années 60, Danse macabre, avec la sublime Barbara Steele. Ce qui boucle en beauté la boucle ! » Bruno Pochesci

« Je me suis intéressée aux Histoires Extraordinaires après avoir travaillé sur l’œuvre complète de Baudelaire pour la création du spectacle théâtral et musical consacré aux Fleurs du Mal. Ces deux auteurs me touchent par la subtilité et la sensibilité réaliste des descriptions, les métaphores poétiques, l’esthétisme littéraire soigné, tant pour décrire la beauté que la cruauté. » Joëlle Cordier

« Mon souhait de marcher dans les pas d’Edgar Poe via ce recueil est motivé par l’idée de briser les convenances, de flirter avec les limites du rationnel, de faire remonter les angoisses primitives qui sommeillent en chaque lecteur. A ce titre, Edgar A. Poe savait trouver la formule littéraire, pour ne pas dire scientifique, capable de réveiller la pire des sensations. Auteur du XIXe siècle, il n’est pas perverti par les ficelles trop voyantes de l’industrie  cinématographique qui oblige aujourd’hui beaucoup d’écrivains à écrire comme de simples scénaristes. » Jean-Charles Flamion

« Comme beaucoup, je l’ai découvert à l’adolescence. Et puis, lire Poe et Baudelaire en même temps, j’ai toujours trouvé ça d’une classe absolue. Durant soixante-dix ans, un inconnu a déposé trois roses et une bouteille de Cognac sur la tombe du poète-nouvelliste-romancier-d’un-seul-roman chaque 19 janvier, date anniversaire de l’auteur. Et puis, en 2009, le charme s’est rompu. La date est passée. Ni rose, ni Cognac. Sans doute que le « Poe toaster » était allé rejoindre le créateur du chevalier Dupin en son enfer pavé de plus ou moins bonnes intentions. Dommage. Mais ainsi va la vie. Et quoi qu’il en soit, à la vôtre tous les deux ! » Jean-Pierre Favard

« J’ai découvert Edgar Poe sur le tard. Deux œuvres m’ont particulièrement marqué, Double assassinat dans la rue Morgue et Le Scarabée d’Or. La première pour l’audace et l’inventivité et la seconde pour le côté mystérieux que Poe gère de manière magistrale dans la plupart de ses écrits. Ainsi, j’ai pu découvrir les prémices de la littérature horrifique, ou comment transformer le banal quotidien en une danse frénétique, vous tirant des frissons jusque dans votre sommeil. » John Steelwood

« Je me suis intéressé à l’œuvre d’Egar Allan Poe sur le tard. En regardant sa biographie, j’ai découvert qu’il était né un 19 janvier tout comme moi… La comparaison s’arrête là même si l’aspect parfois sombre et gothique de ses histoires fait écho à mes écrits. Bien que le style incarne une époque, j’ai été fasciné par la puissance visionnaire de ses nouvelles. On se sent comme happé, avec ce sentiment inquiétant « d’obscure tranquillité » que dégagent certains de ses textes. Et puis il y a le réalisme et l’impression étrange que la fiction pourrait bien rôder dans notre monde… » Pierre Brulhet

« L’œuvre de Poe, et plus particulièrement ses deux tomes d’Histoires extraordinaires, représente pour moi une sorte d’ombre lointaine, mais dense. Le fantastique qu’elle exhale dans l’esprit des lecteurs attise quelque chose qui dérange tout en inspirant le respect. Il y a dans ses nouvelles quelque chose qui manque, qui aurait pu être écrit mais qui semble avoir été abandonné à l’imagination. Poe parvient à en tirer une terreur implicite et volatile. Le doute vient après la lecture. » Quentin Foureau

« J’ai découvert Edgar Allan Poe avec les Histoires extraordinaires. J’ai été époustouflé par les nouvelles Ligéia et Morella. La lecture de l’intégral de l’œuvre de Poe m’a permis d’apprécier l’étendue de son talent. Ce bourreau de travail réussissait à transformer en or le moindre mot tracé.
Ce que je trouve fascinant dans ses nouvelles fantastiques, c’est la question permanente de la crédibilité à accorder au narrateur. La chute de la maison Usher, Le chat noir, Ligeia, Morella, Le démon de la perversité, sont autant de nouvelles où le narrateur se laisse submerger par ses pulsions, ses visions, ses pensées perturbées, ses sens troublés. Je tenais à rendre hommage à Poe, tant par le thème de la frontière vie/mort que par le récit sujet à caution du narrateur. » Théo Gwuiver

« J’ai lu
Les Histoires Extraordinaires à quatorze ans. Ce devait être juste après Bram Stoker, un livre tout écorné sauvé du grenier de mes grands-parents. Si mes références ont évolué depuis, j’en ai longtemps fait un modèle littéraire, surtout avec des textes comme Ligeia. J’étais fascinée par les descriptions à la fois terribles et sublimes de ses créatures et phénomènes surnaturels. »Unity Eiden