Nuits d’Alsace : La Tour du Diable de Mulhouse

Au centre de chaque nouvelle fantastique de notre recueil Nuits d’Alsace, une légende ou un élément culturel qui fait la particularité et le charme de la région.
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La Tour du Diable de Mulhouse

Sous domination autrichienne, l’Aslace fut durement touchée par la chasse aux sorcières qui s’étendit du XIVe au XVIIe siècle.
La ville de Mulhouse avait cependant un statut particulier. Ses habitants avaient refusé de se soumettre à l’autorité de l’Evêque de Strasbourg et la ville fut excommuniée le 11 avril 1266 (le document original est conservé à la Bibliothèque Humanité de Sélestat) et aucun document officiel n’atteste de la levée de la sanction. Elle avait acquis en 1273, à force de résistance, le statut de ville-république avec ses propres lois et une remarquable tolérance religieuse.

Le premier procès de sorcellerie à Mulhouse se tint en 1448 dans la Tour du Diable.
Son inquiétante silhouette se dresse toujours non loin du centre-ville de Mulhouse. Elevée au XIIIe siècle, elle est le dernier vestige du château épiscopal détruit par le peuple. Elle fut intégrée aux fortifications de la ville pour servir de tour de guet malgré sa forme cubique et ses trois étages. Au début du XVIe siècle, on la nommait la Tour Blanche, Wyssturm en alsacien. Elle devint la Tour du Diable (Teufelsturm) cinquante ans plus tard avec l’avènement de la chasse aux sorcières. En 1825, on construisit des logements pour ouvriers à l’intérieur de la tour.

La tour actuelle a été rebâtie après un incendie en 1904. On y ajouta deux étages et une horloge pour en faire l’aile complémentaire d’une école de jeunes filles. Les cris des sorcières torturés ont été définitivement remplacés par les voix des élèves du lycée Gay Lussac.

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