Nuits de Lorraine : La Bête des Vosges

Au centre de chaque nouvelle fantastique de Nuits de Lorraine, une légende ou un élément culturel qui fait la particularité et le charme de la région. Découvrez-les avec nous !

La Bête des Vosges

Difficile aujourd’hui de penser aux Vosges sans y associer un canidé qui terrifia la région entre mars 1977 et janvier 1978. Sous ses airs de vieille légende, le phénomène est bien plus récent qu’il n’y paraît. Véritable problème pour les éleveurs, la bête a décimé plus de deux cents bêtes, avec une préférence pour les moutons, entre Châtel-sur-Moselle, Rambervilliers et La Bresse.
Tout commence le 7 février, quand un garde fédéral rapporte avoir vu une sorte d’énorme loup poursuivre un chevreuil dans les bois de Rambervillier. Il faut attendre la fin du mois pour avoir confirmation menace : sept moutons sont retrouvés égorgés à Domèvre-sur-Durbion. Habitués aux dégâts des chiens errants, les habitants n’y prêtent pas une grande attention. Cependant, la psychose monte quand une dizaine de bœufs se font attaquer le 30 mars dans la région de Morinville, puis douze moutons sont retrouvés morts à Hadigny-les-Verrières, et trente-quatre brebis sont prises pour cible une semaine plus tard.
Les attaques ne semblent pas vouloir s’arrêter. Des battues sont organisées. Rien n’intimide la bête, même des proies bien plus imposantes qu’elle : un jeune taureau est étranglé, un poulain est tué malgré la farouche défense de sa mère.

Pas si fantastique qu’elle le laisse croire, la créature a pu être prise en photo et a laissé des poils sur les barbelés permettant de confirmer son origine canine. On hésite entre loup et chien errant. La piste du chien élevé à tuer reste la plus probable. En effet, sa folie meurtrière n’est pas celle d’une bête sauvage naturellement craintive de l’homme. L’animal aurait-il été dressé pour accomplir une vengeance ? Sa disparition mystérieuse au moment où les forces de police élaborent un piège plus sophistiqué afin de le capturer ne semble pas liée au hasard. Son maître aurait pu l’abattre, à moins que, lassée de ses tueries en campagne, la bête ne se soit enfoncée au plus profond des forêts vosgiennes…
Sans coupable, l’énigme reste complète. La créature hante encore les esprits de la région et chaque nouvelle attaque de bétail laisse craindre son retour. Serait-ce elle qui, en 2011 a causé la mort de 40 autres moutons ?