Nuits de Lorraine : Saint Nicolas et Père Fouettard

Au centre de chaque nouvelle fantastique de Nuits de Lorraine, une légende ou un élément culturel qui fait la particularité et le charme de la région. Découvrez-les avec nous !

La fête de Saint-Nicolas est bien connue de la Lorraine, où elle a longtemps tenu une place plus forte que Noël jusque dans les années 1960. Inspirée par l’évêque Nicolas de Myre (vers 270 – 345), la tradition persiste dans plusieurs pays européens, ainsi que dans le nord et l’est de la France.
Au Xe siècle, une phalange du saint a été transférée vers le Duché de Lorraine. La relique est conservée à quelques kilomètres de Nancy, dans la cathédrale Saint-Nicolas-de-Port. Saint-Nicolas a été désigné patron de la Lorraine depuis 1477, à la suite de la Bataille de Nancy qui opposa Charles le Téméraire au duc de Lorraine René II. Ce dernier attribua son triomphe au saint, à qui il avait demandé le soutien.
Aujourd’hui, toutes les villes de Lorraine organisent leur défilé de la Saint-Nicolas, rendez-vous très attendu, le premier samedi ou dimanche de décembre. Les enfants doivent cependant attendre le 6 décembre pour recevoir cadeaux et friandises : fruits secs, mandarines, pains d’épices à l’effigie du saint, chocolats, pâtes de fruits en papillotes.
Selon la légende, Saint-Nicolas aurait sauvé trois enfants d’un boucher entre Metz et Nancy. Attiré chez le commerçant pour fuir le froid de l’hiver et la faim, ils devinrent ses malheureuses victimes. Le boucher les découpa en morceaux pour les mettre dans son saloir. Saint-Nicolas vint les ressusciter. Il enchaîna le boucher à son âne pour le punir.
On reconnaît en lui la figure du sombre Père Fouettard. Traditionnel compagnon du saint, il est vêtu de noir, le visage hirsute dissimulé sous une cagoule, et tenant une trique pour battre les enfants qui n’ont pas été sages. Ceux-ci reçoivent de sa part charbon, pommes de terre et oignons. La figure du Père Fouettard est cependant plus tardive et a plusieurs origines possibles selon les régions. En Lorraine, il serait apparu à Metz en 1552 pendant le siège de la ville par l’armée de Charles Quint. Pour donner courage à la population, les tanneurs inventèrent un personnage grotesque armé d’un martinet, censé incarner l’empereur. On l’exhiba à travers les rues avant de le brûler, à une période qui coïncide à l’arrivée de la Saint-Nicolas.
Fête vivace en Lorraine, mais aussi en Alsace, Belgique, ou aux Pays-Bas (qui lui dédient chaque année une émission), la Saint-Nicolas continue d’animer le froid mois de décembre, en offrant aux pays qui la fête une occasion de réjouissances avant les fêtes de fin d’année.