Le nukekubi, un démon japonais

Illustration de MoonE

L’anthologie Démons Japonais met en scène un yokai dans chaque nouvelle. Nous vous proposons une plongée dans le folklore asiatique, ses créatures, son Histoire et ses traditions. Découvrez-les avec nous !

Le nukekubi (littéralement « cou qui se détache ») est un yôkai proche du vampire occidental. Le jour, il apparaît sous la forme d’un humain normal mais, la nuit, sa tête se détache de son corps. Elle peut alors voler, mordre et sucer le sang de ses victimes (animaux ou humains). Lors de ce processus, le corps du nukekubi demeure inerte et il est alors possible de le détruire pour vaincre le monstre.

Les premières traces du nukekubi se trouvent en Chine, dans le Livre de Sou Shen Ji, écrit au Ve siècle. Il est dit que, sous la dynastie Qin, existait une tribu originaire du Sud de la Chine, appelée Luo Tou Ming (personnes dont la tête se détache). De plus, pendant la période des Trois Royaumes, le général Zhu Huan avait pour domestique une femme originaire du Sud de la Chine. Chaque nuit après s’être couchée, cette femme pouvait détacher sa tête de son corps et voler en utilisant ses oreilles comme ailes. D’autres généraux sont partis dans les contrées reculées du Sud pour capturer des créatures semblables. Dans la nouvelle La Pêche à la carpe, Madame Guai est elle aussi originaire du Sud de la Chine.

On repère un nukekubi grâce à la présence d’une ligne ou de symboles rouges à la base de son cou. Cette marque est souvent prise pour des bijoux.

Certaines croyances rapportent que le nukekubi serait une femme qui souffre de somnambulisme.

La majorité des nukekubi sont des femmes. Toutefois, l’essai Shousai de l’époque d’Edo, rapporte l’histoire d’un nukekubi mâle originaire de Shimōsa (actuellement Chiba), province où, paraît-il, la maladie des nukekubi était courante.

Ce type de monstre apparaît dans d’autres folklores sous des noms différents : le « barbare à tête volante » en Chine, le « Penanggalan » en Malaisie, le « Flying Head Ghost » ou « Chon Chon » en Amérique.

Il existe une variante du  nukekubi : le rokurokubi, dont le cou s’allonge pendant la nuit. L’essai Churyō Manroku mentionne un village de rokurokubi situé sur le mont Yoshino. Tous les habitants portent un foulard autour du cou, ce qui leur permet de cacher leur ecchymose en forme d’anneau, marque caractéristique des rokurokubi.

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